Tu as mal petite chose ? Oui tellement mal.Pourquoi ? Parce que j'ai perdu, j'ai tout perdu. Mais qu'est-ce que tu as perdu ? Tout : mes amis, l'homme de ma vie, ma famille, tout. Mais tu pleures petite chose, pourquoi ? Je l'ai vu. Qui ? Lui, il vient de passer, il ne m'a pas vue. Et tu l'aimes ? oui. Il le sait ? Peut-être. A quoi penses-tu petite chose ? A ma poupée. ??? Elle a perdu sa tête. Elle a trop donné : ses jambes à ses amis, ses bras à sa famille, son corps à son c½ur et son c½ur à un homme ... il ne lui restait que la tête. Mais tu dis qu'elle l'a perdue, comment ? Elle a perdu ses amis dans l'horreur des paradis artificiels ; elle a perdu sa famille dans la haine de chaque jour ; elle a perdu son homme dans un amour trop lourd à porter ; alors sa tête n'arrête plus de pleurer. Tout le temps ? La nuit surtout, dans l'orage, les cauchemars et les mirages. Le jour elle serre les dents et elle tourne sur elle-même, toujours, sans arrêt, jusqu'à en avoir mal au c½ur ... mais elle n'a plus de c½ur. Pourquoi, où est-il ? Il l'a emmené, il ne voulait pas le garder mais encore moins le laisser. Elle ne voulait pas le donner mais encore moins le récupérer. Alors sans son c½ur, c'est dans sa tête qu'elle garde sa douleur. Et elle tourne toujours et encore. Mais elle ne tourne plus rond, elle n'a plus d'équilibre. Plus ? Oui, plus, mais tu as raison, elle n'en a jamais eu, elle croyait que son seul équilibre s'était son déséquilibre, mais ça c'était avant Lui. Pourquoi avant ? Parce que lui elle le trouvait fort, elle pourrait s'appuyer sur lui et trouver d'autres jambes, d'autres bras. Avec ses bras il pourrait même brîser ses chaînes, ouvrir la cage, elle rêvait. Mais elle a mal joué, la donne était truquée, les dés étaient pipés, elle a perdu. Qu'est-ce qui s'est passé ? Un soir, sans s'en apercevoir, elle lui a donné son c½ur. Et il l'a pris ? Biensûr, s'il avait refusé, il l'aurait tué, et puis ... et puis il lui avait promis le sien. Et après ? Après ? Elle a voulu arrêter d'être une poupée. Comment ? En étant elle-même. Elle a essayer de vivre ... enfin. Mais une vie équilibrée n'est possible que pour quelqu'un d'équilibré. Mais lui, il lui avait donné un équilibre ? Non, elle s'appuyait juste sur le sien mais elle, elle n'en avait pas à elle. Et ça a marché ? Pas longtemps. Pourquoi ? En fait lui aussi il avait du mal à marcher droit, lui aussi il s'était construit son équilibre dans un déséquilibre. Alors il n'a pas put la porter. Il l'a lâché ? Non, je crois qu'il tenait à elle quand même mais il ne la tenait plus ... elle. Mais s'il ne pouvait plus la porter ni la lâcher qu'est-ce qu'il a fait ? Il a posé sa poupée dans un coin et il a attendu qu'elle l'appelle. Et elle l'a appelé ? Oui beaucoup mais pas à voix haute. Pourquoi ? Elle ne voulait pas le déranger, elle voyait qu'il se fatiguait. Mais si elle ne l'appelais pas, il a cru qu'elle ne l'aimais plus !?! C'est pour ça qu'elle l'a appellé quelque fois. Et alors ? Alors il est venu, en trainant des pieds, en soupirant. Puis un jour il n'a plus pris le temps, puis il ne l'a plus eu du tout. Le temps ? Mais s'il avait voulu, il l'aurait eu ? Je ne sais pas. Pourquoi tu pleures encore ? J'ai peur que ma poupée ne guérisse jamais. Mais qu'est-ce qui peut la soigner ? Le temps, le temps et l'oubli ou le temps qui lui rendra sa force à lui,... et à elle. Mais alors attends ! Mais je ne peut pas, ma poupée ne peut pas, elle a trop pleuré, trop donné, trop tourné. Elle meures ??? Non. Pourquoi ? Elle n'a pas le droit ... et puis elle ne peut pas ! ??? Son c½ur ne s'est pas arrêté, depuis qu'il lui a volé, il n'a jamis battu aussi fort ! Alors ? Alors elle perds la tête. Et toi petite chose ? Moi, j'ai mal ... quand même.